Lorsqu’un investisseur ou un chef d’entreprise choisit un équipement de recyclage, la comparaison se présente le plus souvent ainsi : « Voici une option moins chère, en voici une plus chère, et celle-ci est plus performante ». Le problème est que, dans le domaine du recyclage, le poste de dépenses le plus important ne réside souvent pas dans le prix d’achat, mais dans l’exploitation : les arrêts, les consommables, la qualité de la fraction de sortie, la logistique et le facteur humain. C’est précisément pour cette raison que les « impressions » mènent presque toujours à une conclusion erronée quant à la rentabilité.
Vous trouverez ci-dessous un modèle économique simplifié, mais fonctionnel, qui permet de comparer les différentes options en toute objectivité. Il ne nécessite pas l’intervention d’un service financier, mais fournit des chiffres concrets pour vous aider à déterminer quel équipement générera le plus de revenus tout en présentant le moins de risques.
1) Ne commencez pas par le matériel, mais par le produit : que vendez-vous au final ?
Dans le secteur du recyclage, vous ne tirez pas vos revenus des « tonnes de matériaux broyés », mais de la fraction obtenue : sa qualité, sa stabilité et son prix. C’est pourquoi le premier élément de calcul correspond à ce que vous vendez réellement.
Veuillez déterminer :
- quel est le produit obtenu (fraction, granulés, miettes, produit régénéré, etc.)
- les exigences du marché en matière d’homogénéité (taille, pureté, teneur en humidité)
- le prix de vente à la tonne ou au kg
- les saisons possibles ou les fluctuations de prix
- réductions dues à la présence d’impuretés ou à une qualité irrégulière
Si deux types d’équipements produisent une fraction de qualité différente, le fait qu’un équipement soit « moins cher à l’achat » peut signifier qu’il « se vend toujours moins cher ».
2) CAPEX : quels sont les éléments pris en compte dans les investissements, outre le prix d’un broyeur ou d’un concasseur ?
Le CAPEX est souvent considéré comme le « coût des équipements ». Or, les investissements réels sont presque toujours plus élevés, et c’est là que réside la première erreur de comparaison.
Il convient d’inclure dans les CAPEX :
- équipements principaux (broyeur, concasseur, cribles, séparateurs)
- convoyeurs, trémies, structures métalliques, aires de maintenance
- Électricité : câbles, automatismes, armoires de commande, variateurs de fréquence
- aspiration, filtres, ventilation, insonorisation (si nécessaire)
- installation, mise en service, formation du personnel
- logistique de livraison, frais de douane (pertinent pour l’UE)
- stock de consommables de démarrage (lames, tamis, kits de réparation)
Règle : si le calcul ne mentionne que le « prix de la machine », il ne s’agit pas d’une dépense d’investissement (CAPEX), mais d’un chiffre à caractère publicitaire.
3) OPEX : quel est le coût mensuel de l’activité ?
Les frais d’exploitation sont ce qui « grignote » systématiquement les bénéfices. Dans un modèle simplifié, 6 à 7 postes principaux suffisent pour mettre en évidence les différences entre les différentes options.
Les OPEX comprennent :
- l’électricité (kW·h par tonne ou par heure de fonctionnement)
- personnel (opérateurs, technicien/mécanicien, équipes)
- pièces d’usure (lames, tamis, roulements, lubrifiants, courroies)
- entretien préventif (entretien selon le programme)
- travaux de réparation (imprévus, pièces usées)
- location/entretien des locaux (le cas échéant)
- élimination des déchets et des poussières, si le règlement l’exige
Il est important de ne pas calculer « en moyenne », mais en fonction de la productivité : combien coûte la transformation d’une tonne de matière première.
4) Les temps d’arrêt : le principal ennemi invisible de la rentabilité
On en parle le plus souvent après la mise en service : « Tout semble fonctionner, mais nous sommes constamment à l’arrêt ». Un arrêt ne se résume pas seulement à une réparation. C’est aussi une perte de productivité : les employés restent inactifs, de l’énergie est gaspillée pour le redémarrage, les défauts se multiplient et la tension monte.
Dans ce modèle, il convient de tenir compte des éléments suivants :
- arrêts programmés (remplacement des lames, nettoyage, entretien)
- arrêts imprévus (impuretés, colmatages, situations d’urgence)
- temps nécessaire à la remise en état (diagnostic + réparation + mise en service)
- disponibilité des pièces de rechange et des consommables (jours/semaines)
Comment calculer facilement :
- Veuillez indiquer le nombre d’heures de travail prévues par mois
- soustrayez les arrêts prévus
- Obtenez les « heures de travail réelles »
- multipliez par le rendement réel
Le délai de rentabilité est toujours calculé sur la base des heures effectives, et non des heures théoriques.
5) Les défauts et les pertes de qualité : ils réduisent les recettes, et ne se contentent pas d’engendrer des coûts supplémentaires
Les déchets dans le recyclage ne sont pas simplement des « objets jetés ». Il s’agit souvent :
- baisse du prix due à la présence d’impuretés
- amendes ou retour de la marchandise
- broyage/tamisage supplémentaire (énergie et temps supplémentaires)
- l’instabilité d’une fraction qui n’est pas adaptée à la prochaine étape
Veuillez inclure dans le modèle :
- pourcentage de rebuts ou de retouches (%)
- de combien le prix baisse-t-il (UAH/t ou EUR/t)
- coûts supplémentaires liés au retraitement
Dans de nombreux cas, la différence de « qualité de la fraction » rapporte davantage que la différence de prix du matériel.
6) Logistique : le coût de la tonne est déterminé avant même le lancement de la ligne de production
Dans le secteur du recyclage, la logistique a une incidence plus importante sur la marge qu’il n’y paraît, en particulier lorsque les matières premières sont transportées sur de longues distances ou qu’il y a des passages de frontières.
Dans un modèle simplifié, il suffit de :
- livraison des matières premières (en euros/t ou en hryvnias/t)
- livraison du produit fini (en euros/t ou en hryvnias/t)
- frais de stockage (le cas échéant)
- frais supplémentaires liés à l’emballage, aux big bags et aux conteneurs
Il est parfois plus avantageux d’opter pour un rendement légèrement inférieur, mais d’obtenir un produit plus stable, qui se vend plus facilement et dont le transport est moins coûteux.
7) L’intérêt de la facilité de réparation : un retour sur investissement lié au délai de remise en état, et non « à l’esthétique de la construction »
La facilité de réparation, c’est lorsque l’équipement n’est pas seulement « robuste », mais qu’il peut être remis en service rapidement, sans temps d’arrêt coûteux et prolongés.
En économie, cela signifie :
- moins d’heures d’immobilisation pour le remplacement des composants
- coût de réparation moins élevé (pièces de série, composants standard)
- les dépenses prévues (et un règlement clair)
- une moindre dépendance vis-à-vis des pièces de rechange « spécifiques »
Exemple de logique d’influence :
- Si les temps d’arrêt diminuent d’au moins 10 à 15 % par mois, la productivité réelle augmente sans augmentation de la puissance en kW ni de personnel supplémentaire.
- Cela augmente directement le chiffre d’affaires brut et accélère le retour sur investissement, même si le prix d’achat initial de l’équipement est plus élevé.
8) Les avantages de la modularité : une évolutivité sans avoir à « jeter l’ancien pour en acheter un nouveau »
La modularité, c’est la possibilité de :
- ajouter un élément (séparateur, crible, convoyeur supplémentaire, accumulateur)
- adapter la configuration à un autre matériau
- passer à une autre fraction sans remplacer entièrement la ligne
Dans le calcul, cela se traduit comme suit :
- un risque moindre de « se tromper sur le marché »
- une évolutivité moins coûteuse à mesure que les volumes augmentent
- une mise sur le marché plus rapide des nouveaux produits
Pour l’investisseur, cela réduit les risques et rend le projet plus flexible.
Formule de rentabilité simplifiée (pour une comparaison rapide)
- Volume mensuel réel de traitement (t/mois) =
(heures prévues – temps d’arrêt) × rendement réel (t/h) - Revenu mensuel =
Volume réel × prix de la fraction de sortie × (1 – pertes/déclassements) - Dépenses mensuelles =
OPEX (énergie + personnel + consommables + maintenance préventive + réparations) + logistique - Bénéfice mensuel =
Recettes – dépenses - Durée d’amortissement (en mois) =
CAPEX / bénéfice mensuel
Cela suffit pour « passer au crible » deux ou trois options et distinguer ce qui est réellement rentable de ce qui n’est qu’une illusion.
Obtenir un modèle de calcul de la rentabilité (tableau) et une demande de cahier des charges
Pour ne pas partir de zéro, vous pouvez obtenir un modèle de tableau prêt à l’emploi pour le calcul de la rentabilité (CAPEX, OPEX, arrêts, consommables, énergie, personnel, logistique, prix des fractions, rebuts) ainsi qu’un formulaire de demande de cahier des charges.
Veuillez nous envoyer vos coordonnées ainsi que les informations de base concernant votre projet : nous vous fournirons un modèle et une brève liste des informations nécessaires pour comparer avec précision les différentes options adaptées à votre entreprise.
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